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Rencontre d’échanges avec les grands séminaristes et formateurs du Grand Séminaire Interdiocésain Saint Jean Paul II de Lomé au Togo sur l’Identité, la mission et la place de Caritas au sein de l’Eglise.

Le Secrétaire Exécutif Régional de Caritas Africa, Monsieur Albert MASHIKA a donné une conférence le 5 décembre 2022 devant plus de 260 grands séminaristes (en Théologie) et Prêtres formateurs du Grand Séminaire Interdiocésain Saint Jean Paul II de Lomé au Togo sur le thème:

Organisation de Caritas Africa et son importance pour la vie et la mission de l’Eglise en Afrique 

La séance a été ouverte avec une prière dite par le Recteur du Grand Séminaire Interdiocésain le Révérend Père Yadja Etienne INIBIDE. Il a ensuite présenté le contexte dans lequel la conférence est organisée. Dans son mot, il a expliqué que les conférences font partie de la formation des séminaristes, et celle-ce est la première de l’année 2022.

Prenant la parole, M. MASHIKA, au début de son intervention, a expliqué que ce partage vise à apporter plus d’éclaircissement sur l’identité, la mission et la place de Caritas au sein de l’Eglise.

Vue partielle de la salle de la conférence

Son intervention très appréciée aussi bien par les grands séminaristes que par leurs formateurs peut être résumée dans les lignes qui suivent.

A titre de rappel, la mission de l’Eglise comporte une triple dimension à savoir (i) l’Annonce de la Parole de Dieu, (ii) la célébration des Mystères Sacrés et (iii) la Diakonia. Ces 3 dimensions sont inséparables et méritent normalement la même attention.

Il est donc clair que, de par son identité, Caritas est au cœur de la mission de l’Eglise dans la mesure où sa mission est de servir, accompagner et défendre les pauvres. A ce titre, Caritas est donc l’instrument privilégié de l’Evêque pour le service de la charité. Il n’y a donc pas d’Eglise sans service de la charité et Caritas ne peut pas exister en dehors de l’Eglise.

Cependant, le service de la charité doit être organisé pour être ordonné à la communauté (Deus Caritas Est n.20) et exige également la compétence, car les pauvres méritent le meilleur service que nous pouvons leur rendre. Et cela devrait être le cas à tous les différents niveaux (paroissial, diocésain, national, régional et continental) où l’on intervient.

En effet, comme organisation, Caritas est précisément une expression de la charité organisée de l’Eglise. Même si Caritas n’a pas le monopole du service de la charité, elle constitue l’institutionnalisation d’un tel service dans l’Eglise (Pape François). Caritas a donc un rôle central à jouer dans l’animation et la coordination du service de la charité sous l’autorité de l’Evêque qui préside à la charité dans chaque église particulière (Benoit XVI, Motu Proprio « Intima Ecclesiae Natura » 2012).

Tout cela explique les engagements de Caritas Africa avec l’appui de Caritas Internationalis et de ses différents partenaires à travers les 4 orientations suivantes visant :

  • la Promotion de l’identité et de la mission de Caritas afin d’assurer son appropriation par la hiérarchie de l’Eglise à différents niveaux et les communautés ;
  • le Renforcement des capacités de Caritas en se basant sur les Normes de Gestion de Caritas Internationalis (NGCI) afin d’avoir des organisations Caritas professionnelles et résilientes qui gèrent les ressources à leur disposition de manière transparente, rendent régulièrement compte aux Evêques, aux Communautés et aux Partenaires ;
  • la Préparation et les réponses aux urgences pour réduire l’impact des catastrophes sur la vie des communautés affectées, renforcer la résilience de ces communautés, … avec un Fonds régional de solidarité (instrument mis en place par les Evêques pour permettre au Secrétariat exécutif régional d’apporter un premier appui, si modeste soit-il, aux Caritas faisant face à une situation de crise) dont les ressources sont insignifiantes au regard de l’ampleur des crises vécues en Afrique ; et 
  • l’Engagement dans le développement humain intégral pour répondre aux besoins des communautés en ce qui concerne la sécurité alimentaire, les activités génératrices de revenus, la santé, la paix et la cohésion sociale…) et aussi  à travers le Plaidoyer pour défendre la voix des sans voix et faire entendre la voix de l’Eglise sur des sujets visant le bien commun (gouvernance démocratique et leadership attentif aux droits des populations, protection de l’environnement et changement climatique, coopération et développement international) là où se prennent des décisions dans le but de contribuer à la construction d’un monde fraternel et juste.

Cependant, la collaboration avec certaines Conférences épiscopales à certains niveaux et d’autres structures de l’Eglise y compris les Congrégations religieuses, reste encore timide si pas inexistante probablement par manque d’information suffisante sur Caritas !

Pour terminer, M. MASHIKA a rappelé que Caritas Africa fait face à trois défis majeurs : (i) l’appropriation de Caritas par la hiérarchie de l’Eglise et son enracinement au sein des communautés d’une part et (ii) sa durabilité/pérennité (structures appropriées, leadership de qualité, disponibilité de ressources financières stables) d’autre part pour réduire (iii) sa fragilité et sa dépendance vis-à-vis de l’extérieur.

Par Atsu SENAME.


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